Les erreurs les plus coûteuses avant d’acheter une maison au Québec sont : magasiner sans préapprobation hypothécaire, sous-estimer la mise de fonds réelle, oublier les frais de clôture (dont la taxe de bienvenue), sauter l’inspection préachat, se fier au prix affiché sans comparables, ignorer les taxes récurrentes et ne garder aucun coussin budgétaire. Ces sept erreurs reviennent constamment chez les acheteurs, peu importe le prix de la propriété visée, et elles peuvent facilement coûter des milliers de dollars ou faire perdre la maison convoitée.

1. Magasiner avant d’être préapprouvé

Visiter des propriétés sans préapprobation hypothécaire, c’est magasiner à l’aveugle. Vous risquez de tomber en amour avec une maison hors budget, et surtout, une offre d’achat sans préapprobation est prise beaucoup moins au sérieux par le courtier inscripteur, surtout dans un marché où plusieurs acheteurs se disputent la même propriété. La préapprobation est gratuite, sans engagement, et permet de geler un taux pour une période donnée pendant que vous cherchez.

2. Sous-estimer le montant réel de la mise de fonds

La règle au Canada en 2026 : 5 % sur les premiers 500 000 $ du prix d’achat, puis 10 % sur la portion entre 500 000 $ et 1 499 999 $. À 1 500 000 $ et plus, la mise de fonds minimale grimpe à 20 % (ce plafond vient d’ailleurs d’être relevé de 1 M$ à 1,5 M$ en 2026, ce qui donne un peu plus de marge dans les marchés plus chers comme le Grand Montréal). Beaucoup d’acheteurs calculent seulement 5 % sur le prix total et se retrouvent à court au moment de signer. Notre calculatrice hypothécaire permet de valider le bon montant avant de magasiner.

3. Oublier les frais de clôture, taxe de bienvenue incluse

Au-delà de la mise de fonds, il faut prévoir le compte de notaire, l’inspection préachat, une possible assurance titres et la fameuse taxe de bienvenue, qui peut représenter plusieurs milliers de dollars selon la valeur de la propriété et la municipalité. Beaucoup d’acheteurs découvrent ce montant seulement à la signature chez le notaire. Utilisez notre calculatrice de la taxe de bienvenue pour l’estimer d’avance et l’inclure dans votre budget global.

4. Sauter l’inspection préachat pour “gagner” une offre

Dans un marché compétitif, la tentation de retirer la condition d’inspection pour rendre son offre plus attrayante est forte. C’est aussi l’une des façons les plus rapides de se retrouver avec une facture imprévue de dizaines de milliers de dollars pour une toiture, une fondation ou un système électrique désuet. Il existe des façons de rester compétitif sans renoncer complètement à l’inspection, comme raccourcir le délai de la condition plutôt que de l’éliminer.

5. Se fier uniquement au prix affiché

Le prix demandé reflète la stratégie du vendeur et de son courtier, pas nécessairement la valeur réelle de la propriété. Faire une offre sans avoir vu les ventes comparables récentes dans le secteur, c’est négocier à l’aveugle et risquer de payer trop cher ou, à l’inverse, de perdre la propriété avec une offre trop prudente. Un courtier peut sortir ces comparables en quelques minutes.

6. Ignorer les taxes et frais récurrents

Le paiement hypothécaire n’est qu’une partie de la facture mensuelle. Les taxes municipales et scolaires, l’assurance habitation et, pour une copropriété, les frais de condo (qui augmentent presque toujours avec le temps et peuvent inclure des cotisations spéciales) s’additionnent rapidement. Un budget qui ne tient compte que du paiement hypothécaire mène tout droit à une surprise désagréable dès la première année.

7. Ne garder aucun coussin budgétaire

Après la mise de fonds et les frais de clôture, plusieurs acheteurs arrivent à zéro dans leur compte le jour de la signature. Déménagement, meubles, réparations imprévues, premier entretien saisonnier : sans réserve financière, la moindre dépense imprévue devient un stress important. Prévoir un coussin, même modeste, change complètement la transition vers la nouvelle maison.

Une préapprobation hypothécaire, est-ce payant ou engageant?
Non, la préapprobation est généralement gratuite et sans obligation d’emprunter chez ce prêteur. Elle reste valide de 90 à 130 jours selon l’institution, le temps de magasiner en toute connaissance de votre budget réel.
Peut-on éviter la taxe de bienvenue au Québec?
Les exemptions sont rares et concernent surtout les transferts entre proches parents ou certains transferts corporatifs. Pour la grande majorité des acheteurs, la taxe de bienvenue s’applique et doit être budgétée dès le départ.
Faut-il faire une inspection même pour une maison qui semble neuve?
Oui. Une propriété qui paraît impeccable peut cacher des problèmes structurels, électriques ou de plomberie invisibles à l’œil nu. L’inspection reste la meilleure protection, peu importe l’âge apparent de la maison.

Vous préparez un achat et voulez éviter ces erreurs? Validez votre budget réel avant de magasiner.

Essayer la calculatrice hypothécaire →

Au Québec, la mise de fonds minimale est de 5 % pour une propriété de 500 000 $ ou moins. Au-delà, la mise de fonds minimale augmente progressivement jusqu’à un maximum de 20 % pour les propriétés de 1 500 000 $ et plus. Ce seuil détermine aussi si vous devrez souscrire une assurance prêt hypothécaire.

Les paliers de mise de fonds minimale en 2026

Le gouvernement fédéral encadre la mise de fonds minimale selon le prix d’achat. Voici comment ça fonctionne concrètement :

Par exemple, pour une propriété de 650 000 $, la mise de fonds minimale se calcule ainsi : 5 % de 500 000 $ (25 000 $) plus 10 % de 150 000 $ (15 000 $), pour un total de 40 000 $.

Pourquoi viser plus que le minimum?

Une mise de fonds inférieure à 20 % oblige à souscrire une assurance prêt hypothécaire (SCHL, Sagen ou Canada Guaranty), dont la prime s’ajoute généralement au solde du prêt. Plus votre mise de fonds est élevée, plus cette prime diminue, et plus vos paiements mensuels sont bas. Une mise de fonds de 20 % ou plus élimine complètement cette prime.

Comment estimer vos paiements selon votre mise de fonds

La mise de fonds n’est qu’une partie de l’équation : le taux d’intérêt, l’amortissement et la fréquence des versements influencent aussi vos paiements mensuels. Notre calculatrice hypothécaire vous permet de simuler différents scénarios en quelques secondes.

Vous voulez savoir ce que vos paiements seraient selon votre mise de fonds?

Calculatrice hypothécaire →

Questions fréquentes

Peut-on utiliser un REER ou un CELIAPP pour la mise de fonds?

Oui. Le Régime d’accession à la propriété (RAP) permet de retirer jusqu’à 60 000 $ d’un REER sans impôt immédiat, à rembourser sur 15 ans. Le CELIAPP (Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété) permet quant à lui de cotiser jusqu’à 8 000 $ par année, jusqu’à un maximum de 40 000 $, avec un retrait entièrement libre d’impôt pour un premier achat.

La mise de fonds doit-elle provenir uniquement de mes épargnes?

Non. Une partie de la mise de fonds peut provenir d’un don d’un membre de la famille immédiate, à condition de fournir une lettre de don au prêteur. Certains programmes permettent aussi une mise de fonds empruntée dans des cas précis, mais cela reste l’exception.

Une mise de fonds plus élevée améliore-t-elle mes chances d’approbation?

Elle réduit le montant emprunté et donc le ratio prêt-valeur, ce qui peut faciliter l’approbation et parfois permettre d’obtenir un meilleur taux, mais l’approbation dépend surtout de vos revenus, votre cote de crédit et votre ratio d’endettement.